Voici un sujet consacré aux grands pianistes de la musique classique ayant jalonné l'histoire du 20eme siècle. En espérant susciter votre intérêt et recueillir vos réactions, je mets ici une sélection d'extraits vidéos, accompagnés de quelques éléments biographiques, anecdotiques ou bien définissant leur style pianistique. N'hésitez pas à y apporter votre contribution !
Pour commencer, je ne saurais trop recommander cette excellente rétrospective des grands pianistes du 20eme siècle : images d'archives, nombreux extraits vidéos, témoignages d'artistes, un documentaire passionnant de près de deux heures, remarquablement conçu et réalisé.
The Art Of The Piano

Historique
Références bibliographiques
Vladimir de Pachmann

(Les citations, en bleu, viennent de Wikipédia ou d'autres liens)
Vladimir de Pachmann, né à Odessa en Ukraine le 27 juillet 1848 et décédé à Rome le 6 janvier 1933, était un pianiste russe d'origine allemande et qui vécut en Italie. Il n'a laissé que quelques enregistrements mais il était, à l'époque, très réputé pour sa poésie au piano, tout particulièrement dans Chopin. Il a marqué les esprits du fait de son comportement tout à fait excentrique sur scène. « Il embrassait par exemple sa main droite après un trait réussi en s'exclamant : Bravo Pachmann!»
Il reçoit ses premières leçons de piano de son père, professeur à l'université d'Odessa et violoniste amateur, et il complète sa formation au Conservatoire de Vienne, o il remporte une médaille d'or dans la classe de Joseph Dachs, (1866-1868), Sa première apparition sur scène date de 1869, à Odessa, mais ses prestations en public ne l'empêchent pas de poursuivre des études approfondies. Il triomphe dans ses tournées aux États-Unis et en Europe où « il fait sensation autant par ses apartés dont il accompagne de plus en plus fréquemment avec l'âge son jeu, que par la virtuosité et le toucher infiniment nuancé qu'il prodigue dans ses interprétations de Chopin ». Certains de ses enregistrements ont été conservés, dont le premier date de 1907.
En début de carrière, il provoqua l'admiration de Liszt qui affirma un soir de concert : « Ceux qui n'ont jamais entendu jouer Chopin, vont l'entendre ce soir ». Ce que ses contemporains semblent avoir retenu de lui, outre sa formidable qualité pianistique, est sa manière de se tenir sur scène. En effet, ponctuant ses interprétations de maintes coupures, il n'hésitait pas à s'adresser à son auditoire, multiplier les gestes expressifs ou encore murmurer durant les morceaux. C'est ainsi que George Bernard Shaw souligna : « Il a construit sa renommée grâce à des spectacles de pantomime, avec accompagnements de Chopin. » Pachmann, s'il était réputé dans Chopin, joua aussi abondamment la musique de son ami Liszt, qu'il était un des seuls à défendre aussi ardemment, de Mendelssohn, Raff, Schumann, mais aussi les classiques : Haydn, Mozart ou Beethoven. Il s'intéressa à Bach et Scarlatti, mais, parmi les compositeurs de son temps, détesta Brahms, si bien qu'il déclara à un brillant interprète après un concert : « Vous jouez magnifiquement Brahms. Il ne le mérite pas d'être joué de cette façon.
Liszt - Liebestraum N°3
Chopin, Nocturne Op.37 N°2
Chopin, Nocture Op.55 N°1
Chopin, Mazurka Op.67 N°4
Ignaz Paderewski

Ignacy Jan Paderewski, parfois francisé en Ignace Paderewski, né en Podolie le 18 novembre 1860 et mort à New York le 29 juin 1941, est un pianiste, compositeur, homme politique et diplomate polonais.
Ayant perdu sa mère alors qu'il était encore nourrisson, Ignacy Paderewski est élevé par son père, qui exerce la profession d'administrateur foncier, et reconnaît très tôt les talents musicaux de son fils. Il entre au conservatoire de Varsovie à l'âge de douze ans, se destinant initialement à une carrière de professeur de musique, et ne faisant pas montre à cette époque d'une particulière virtuosité. Ce qui ne l'empêche pas d'être diplômé en 1879.
Il se marie en 1880, à l'âge de vingt ans, avec Antonina Korsak, mais perd son épouse en octobre 1881, quelques jours après la naissance de leur fils Alfred, né infirme, qui mourra à l'âge de vingt ans en 1901.
Ces malheurs familiaux conduisent Paderewski à se jeter sur le travail pour noyer son chagrin. C'est ainsi qu'il fait deux séjours à Berlin en 1881 et 1883, au cours desquels il étudie l'art de la composition musicale et croise notamment Richard Strauss, puis à Vienne, en 1883, où il est l'élève de Theodor Leschetizki.
Après une année passée à Strasbourg comme professeur de musique au Conservatoire, en 1885-1886, il entame une carrière de pianiste de concert, en se produisant pour la première fois en public à Vienne en 1887, puis à Paris en 1888. Lors d'un concert à la salle Érard auquel assiste notamment Tchaïkovsky, il est rappelé sur scène une heure durant. Il se produit également à Londres en 1890. Sa virtuosité provoque un certain engouement du public, qui lui fait une série de triomphes au cours d'une centaine de récitals aux États-Unis en 1891.
Rare Home Movie
Chopin, Polonaise in A Flat
Beethoven, Sonate N°14 "Moonlight"
Liszt, "La Leggierezza"
Mozart, Rondo alla Turca
Emil Von Sauer

Pianiste et compositeur allemand né le 8 octobre 1862 à Hambourg, mort le 27 avril 1942 à Vienne.
Emil von Sauer étudie auprès de Nikolaï Rubinstein au Conservatoire de Moscou de 1879 à 1881, puis auprès de Franz Liszt à Weimar de 1884 à 1885. Il fait de nombreuses tournées entre 1882 et 1936, dont deux en Amérique (1898-1899 et 1908). Nommé directeur de l'école de piano de l'Académie de Vienne en 1901, il part s'installer à Dresde en 1908. Il retourne à l'Académie de Vienne en 1915, avant de repartir une nouvelle fois à Dresde en 1922. Si sa technique reste intacte, sa célébrité diminue vers la fin des années 1930 face à l'arrivée de jeunes pianistes.
Sauer est l'auteur de deux concertos et deux sonates pour piano, ainsi que de nombreuses études. Il publie en outre les œuvres complètes de Johannes Brahms au piano, les travaux pédagogiques de Louis Plaidy et Theodor Kullak, ainsi que son autobiographie, Meine Welt, en 1901. Il est cependant davantage connu pour sa virtuosité et sa technique raffinée et accomplie, notamment dans ses multiples interprétations de Liszt, que pour ses compositions.
Liszt, La Campanella
Liszt, Libestraum N°3
Schuman, Concerto pour piano
Moriz Rosenthal

Moriz Rosenthal, né 17 décembre 1862, et mort le 3 septembre 1946 à New York, est un pianiste américain originaire d'Autriche-Hongrie. Élève de Franz Liszt, il l'est l'ami des viruoses de son époque, Brahms, Johann Strauss, Anton Rubinstein, von Bulow, Saint Saens, Massenet et Albeniz.
Lizst, Libestraum N°3
Chopin, Concerto pour piano N°1
Chopin, Valse Op.64 N°2
Frederic Lamond

Frederic Archibald Lamond (mardi 28 janvier 1868-vendredi 21 février 1948) était un pianiste et compositeur écossais et l'un des derniers survivants des élèves de Franz Liszt
Lamond est né à Glasgow en Écosse dans une famille pauvre. Il commence des études, piano et contrepoint, avec son frère ainé David et dans sa ville natale : le violon, puis le piano, l'orgue à l'église et joue aussi du hautbois et de la clarinette. Il assure pendant les quatre mois de l'hiver 1876-77, la direction de l'orchestre et dirige Liszt, notamment Les Préludes qui y font sensation. À Glasgow il est considéré comme un prodige et ont lui conseille de poursuivre sa formation à l'étranger, alors qu'il n'a que quatorze ans. Lamond confie :
« Mon professeur, Schwarz, désireux que je participe à une conférence sur les sonates de Beethoven, m'avait demandé de choisir une sonate. Ambitieux (et Schwarz ne le conteste pas), j'ai décidé de choisir la plus difficile et la plus longue des œuvres pour piano de Beethoven : la sonate Hammerklavier, opus 106. À l'une de ses leçons sur Beethoven, Bulow me demanda : « Que vas-tu à jouer pour moi ? » Je répondis : L'opus 106. Il a répondu avec colère : « Garçon impertinent ! Attends des années avant de tenter une telle œuvre. » Mais je n'avais pas le temps d'étudier une nouvelle sonate. Schwarz était dans la crainte de l'intervention de Bulow. À la leçon suivante, Bulow de nouveau demandait : « Que vas-tu à jouer pour moi ? » Je répondis, l'opus 106. Cette fois, il frappa du pied. Les enseignants, les collègues, me regardaient terrifiés. Juste avant la fin du cours Bulow m'a demandé pour la troisième fois : « Que vas-tu à jouer pour moi ? » Je répondis désespérément, au bord des larmes : « La sonate opus 106. » Il rit : « Je veux entendre le Scherzo. » J'ai joué le Scherzo... Bulow, avec son sourire irrésistible, me frappa sur l'épaule : « Bravo ! À la prochaine leçon, nous commencerons avec l'Allegro initial. » Et c'est ainsi que je jouais la Hammerklavier... » Frederic Lamond
«Quand, en Juillet 1885, j'achevais mes études au Conservatoire de Francfort-sur-le-Main, Max Schwarz, mon professeur, me dit : « Maintenant vous êtes un artiste, il faut vous mettre sur un pèlerinage de Liszt à Weimar. Je vous donne une lettre de recommandation pour lui et je vous conseille de ne pas reculer ce voyage, car il est déjà sur un âge avancé et ont dit que sa santé n'est plus ce qu'elle était. »
Il étudie donc avec le vieux Franz Liszt à Weimar en juin et à Rome en 1885 - il a dix-sept ans -, puis à Londres au mois d'avril de l'année suivante où l'abbé Liszt participe à lancer la carrière de Lamond. À Weimar, il rencontre Bernard Stavenhagen, Alexandre Siloti et Moriz Rosenthal, autres membres de la classe de piano du maître. L'écossais, réalise le rêve de son enfance... et commence l'enseignement avec la fugue de la sonate Hammerklavier... À Londres il croise un autre élève du pianiste, Harold Bauer présent lors du concert du 15 avril à St-James Hall.
En plus de devenir un grand interprète de Brahms, Lamond est considéré comme une autorité sur la musique pour piano de Beethoven avant Artur Schnabel. L'éditeur Breitkopf & Härtel publia son édition des Sonates pour piano du maître de Bonn. Lamond avait une affinité quasi-spirituelle avec les œuvres de Beethoven.
« J'aspirais à la pureté, à la vérité, à la simplicité. Beethoven a été mon dieu - le credo de ma vie - mon seul et mon tous. Je n'ai cessé de me laisser submerger par son monde merveilleux. J'ai alors considéré avec répugnance le côté pratique de la vie, tout ce qui fait plaisir à la majorité des êtres humains. »
Frederic Lamond est mort à l'âge de quatre-vingts ans à Stirling.
Speaking about Liszt's Lessons
Liszt, Sonnet de Pétrarque
Beethoven, Sonate in D Minor "Tempest"
Leopold Godowsky

"Leopold Godowsky (ou Godovsky) est un pianiste polonais né le 13 février 1870 à Žasliai (en polonais : Żośle), petite ville proche de Vilnius, en Lituanie, naturalisé américain en (1891), et mort le 21 novembre 1938 à New York.
Il fut le seul fils d'Anna et Maciej Godowsky. Le père, Maciej Godowsky, médecin réputé, mourut du choléra. Anna et Leopold furent recueillis par Louis et Minna Passinock, qui tenaient un commerce de pianos à Vilnius, la capitale. Louis, bon violoniste, enseigna le violon à Leopold, qui maîtrise le Concerto de Mendelssohn à 7 ans. Mais c’est le piano qui fascinait le jeune prodige. Il se perfectionna quasiment seul, contre la volonté de son mentor.
Émigré aux États-Unis, il devint vite un interprète de premier plan, l’égal de Josef Hofmann ou de Rachmaninov. Il fut le professeur de générations de pianistes célèbres (citons Jorge Bolet), l’ami des personnalités du monde des arts et des sciences, parmi lesquelles Charlie Chaplin et Albert Einstein. Souffrant de troubles vasculaires pendant les dernières années de sa vie, il mourut subitement au cours d’un enregistrement des Nocturnes de Chopin."
Chopin, Sonate Op.35 N°2 "Funeral March"
Beethoven, Sonate N°26
Lizst, Liebestraum N°3
Sergueï Rachmaninov

Sergueï Vassilievitch Rachmaninov, né le 1er avril 1873[1] à Semionovo, près de Novgorod, et mort le 28 mars 1943 à Beverly Hills aux États-Unis, est un compositeur, pianiste et chef d'orchestre russe.
En 1877, Sergueï Rachmaninov a quatre ans. Pendant deux ans, Anna Ornazkaïa, diplômée du Collège russe de musique fondé par Anton Rubinstein en 1862 (le futur Conservatoire de Saint-Pétersbourg) est engagée à demeure pour donner au jeune Sergueï Rachmaninov ses premières vraies leçons de piano. Vassili Arkadievitch Rachmaninov, le père de Sergueï, est un homme charmant et un père affectueux, mais prodigue, dépensier et, paraît-il, joueur. Des cinq propriétés de la dot maternelle, seule reste Oneg (située près de Novgorod), vendue aux enchères en 1882. Les Rachmaninov n’ont plus désormais les moyens de faire entrer Sergueï et son frère aîné Vladimir au prestigieux Corps des Pages qui prépare les officiers de la Garde impériale à laquelle ils étaient destinés. La famille emménage dans un appartement à Saint-Pétersbourg. La mésentente conjugale persistant, Vassili et Lioubov Rachmaninov se séparent.
À l'automne 1882, à neuf ans, Sergueï Rachmaninov entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg où il suit des cours de piano, puis à celui de Moscou. Entre douze et seize ans, il est préparé par le professeur Nikolaï Zverev (1832-1893), ami de Anton Rubinstein et de Tchaïkovski. Zverev est un pédagogue renommé, respecté, rigoureux et sévère. Il prend chez lui quelques élèves doués de sa classe au conservatoire. Logés et nourris, ses pensionnaires doivent se soumettre à une discipline de travail draconienne et être dès six heures du matin devant le piano. Ce professeur exigeant tient à donner à ses élèves une grande ouverture culturelle par sa bibliothèque et en les faisant assister à des représentations théâtrales, à des concerts, à des opéras. Il invite les grands musiciens de passage à Moscou à venir écouter ses petits protégés. Le jeune Sergueï y rencontre notamment Tchaïkovski, qui apprécie déjà ses dons de jeune pianiste, mais il entre en conflit avec son maître qui juge le piano incompatible avec la composition.
En 1897, Rachmaninov présente sa première symphonie, opus 13. Dirigée par un Glazounov visiblement ivre, sa création est un échec retentissant et Rachmaninov sombre alors dans une dépression dont il ne sortira que quatre ans plus tard grâce à l’énorme succès de son deuxième concerto pour piano, opus 18, et, entre temps, au traitement du médecin neurologue et hypnotiseur Nicolas Dahl qui le rend véritablement à la vie.
Les quinze premières années du XXe siècle seront pour lui quinze belles années pendant lesquelles il vivra de manière heureuse et aisée, notamment dans la propriété des Satine près de Moscou où il aime se réfugier l'été pour se reposer de ses multiples concerts et pour composer.
En 1917, la révolution russe le force à quitter définitivement son pays natal. C'est à cette époque qu'il écrit un petit prélude opus posthume 1917, pour piano seul, empreint de nostalgie et de sombres sentiments, prélude à son départ douloureux. Parti avec ses mains pour seul capital comme lui dira un de ses amis avant son départ pour l'exil, il entame alors à 44 ans une nouvelle vie et avec son ami Nikolaï Medtner, une carrière de pianiste virtuose à temps plein. La nécessité de travailler intensément l'instrument et de se bâtir un répertoire l'éloigne de la composition.
Il rencontre Vladimir Horowitz le 8 janvier 1928. Cette rencontre fut arrangée par le représentant de Steinway Alexander Greiner, dans la cave du Steinway Hall (57th Street), quatre jour avant un concert d'Horowitz jouant le premier concerto de piano de Tchaïkovsky au Carnegie Hall.
Rachmaninov, trouvant exceptionnelle l'interprétation qu'Horowitz aurait faite de son troisième concerto pour piano, aurait dit à Greiner :
« Mr. Horowitz plays my Concerto very well. I would like to accompany him. » (« Monsieur Horowitz joue très bien mon concerto, j'aimerais l'accompagner. ») Pour Horowitz, c'était un rêve devenu réalité de rencontrer Rachmaninov, qu'il décrivait comme le dieu musical de son enfance. Penser que cet homme pouvait l'accompagner dans son propre troisième concerto était la nouvelle la plus importante de sa vie. Pour Rachmaninov, cette rencontre fut tout aussi marquante : il considérait alors qu'Horowitz était le pianiste qui avait le mieux saisi ses œuvres (même si certains musicologues pencheraient plutôt pour Sviatoslav Richter). Cette rencontre marqua le début d'une amitié qui se finit à la mort de Rachmaninov : en fait, les deux hommes s'admiraient et suivaient sans cesse le travail de l'autre. Horowitz stipula à son agent qu'il devait être autorisé à revenir et annuler ses représentations, si Rachmaninov jouait à New York. De la même manière, Rachmaninov était toujours présent aux concerts d'Horowitz à New York, et était le dernier à quitter la salle [5]
Chopin, Nocturne Op.9 N°2
Chopin, Valse Op.64 N°2
Rachmaninov, Concerto pour piano N°2
Harold Bauer

Pianiste anglais naturalisé américain (Londres 1873 – Miami 1951).
Il étudie d'abord le violon avant de se consacrer au piano en 1892, sur les conseils de Paderewski. En 1893, il commence une importante carrière à Paris et en Russie. Il joue aux États-Unis une première fois en 1900, avant de s'y installer en 1915. Il y fonde la Beethoven Association de New York, et se produit souvent avec Thibaud et Casals. Entre 1918 et 1941, il dirige une célèbre Société de musique de chambre. Il a été admiré par les plus grands compositeurs de son époque : Ravel lui dédie Ondine, il crée Children's Corner de Debussy en 1908 et le Quintette d'Ernest Bloch en 1925. Il a cependant excellé dans le répertoire romantique, où il affectionnait surtout Schumann, Brahms et Franck.
Beethoven, Sonate N°14 "Moonlight"
Beethoven, Sonate N°23 "Appassionata"
Chopin, Nocturne Op.27 N°2
Josef Lhévinne

Josef Lhevinne est un pianiste russe, né à Orel (Moscou) le 13 décembre 1874 et décédé à New York le 2 décembre 1944.
Il étudie le piano au Conservatoire de Moscou où il est l'élève de Vassili Safonov. Alexandre Scriabine et Serge Rachmaninov y sont ses condisciples.
De 1902 à 1906 il enseigne le piano au Conservatoire de Moscou. À partir de 1906 il se consacre à des tournées de concerts en Europe et aux États-Unis. Il est à Berlin lorsque survient la première guerre mondiale. Il y est fait prisonnier en raison de sa nationalité. Après sa libération il s'installe aux États-Unis. Il y enseigne dès 1922 à la prestigieuse Juilliard School.
En 1898 il avait épousé Rosina Bessie, qui étudiait également au Conservatoire de Moscou.
Rachmaninov, Prélude in G Minor
Chopin, Etune in G Minor
Chopin, Polonaise in A Flat
Josef Hofmann

"Józef Kazimierz Hofmann ou Josef Casimir Hofmann (20 janvier 1876 à Cracovie - 16 février 1957 à Los Angeles) est un pianiste et compositeur polonais, naturalisé américain en 1926.
Fils d’un pianiste et d’une cantatrice, enfant prodige, Hofmann donne son premier récital à l’âge de cinq ans, aidé par son père qui actionne les pédales à sa place. Puis, dès l'âge de dix ans, il parcourt l’ Europe et la Scandinavie avec un grand succès. Vers la fin de l'année 1887 et en 1888, il donne même des concerts en Amérique et y fait grande sensation, notamment en improvisant, à la manière des grands virtuoses du XIXe siècle, sur des thèmes proposés par le public. Alors que plus de 80 concerts étaient initialement programmés Outre-atlantique, la Société protectrice des enfants américaine intervient vers le 70e concert et oblige l’enfant à interrompre sa tournée. À la suite de cette affaire, le père de Hofmann se voit néanmoins attribuer 50 000 dollars par un donateur anonyme probablement acquis à la cause des enfants, à la condition que son fils ne se produise plus en concert jusqu’à ses 18 ans.
La somme énorme perçue permet au jeune virtuose de travailler avec le compositeur Moritz Moszkowski, et dans un second temps avec le non moins célèbre Anton Rubinstein, dont il devient l’unique élève de 1892 à 1894, à Berlin. Le grand compositeur disait d’ailleurs qu’il ne croyait pas aux enfants prodiges, sauf dans le cas de Hofmann.
C’est ainsi qu’avec Rubinstein, Josef Hofmann commence la seconde partie de sa carrière : en 1894, Hofmann a 18 ans, et peut à nouveau se produire sur scène. À Hambourg, le 14 mars, il joue le Concerto n°4 de son professeur, ce dernier étant à la baguette. Après le concert, Rubinstein juge qu’il n’a plus rien à apprendre à son élève, et arrête donc les cours avec ce dernier.
Il reprend alors une carrière internationale, et devient l’un des solistes les plus demandés à travers le monde."
Interview
Beethoven, Sonate N°14 "Moonlight"
Chopin, Ballade N°1
Chopin, Scherzo N°1
Alfred Cortot

"Alfred Cortot, né le 26 septembre 1877 à Nyon (Suisse) et mort à Lausanne le 15 juin 1962, est un pianiste français.
Il est considéré comme un des plus grands pianistes et pédagogues de la première partie du XXe siècle. La qualité de ses interprétations l'a inscrit au Panthéon des pianistes. Il a été en outre un pédagogue réputé et influent.
Alfred Cortot naît en Suisse, d'un père français et d'une mère suisse. À l'âge de cinq ans, il commence à apprendre le piano à Genève. Ses progrès sont tellement foudroyants que sa famille décide d'aller s'établir à Paris pour que le jeune Alfred puisse continuer son éducation musicale. Il est alors inscrit au Conservatoire de Paris, à l'âge de neuf ans, où il reste élève pendant dix années. En 1896, il obtient un Premier prix de piano, dans la classe de Louis Diémer. Edouard Risler, répétiteur de Diémer, l'emmène à Bayreuth où Alfred Cortot est assistant et où il joue pour Cosima, la fille de Franz Liszt et épouse de Richard Wagner.(...)
Alfred Cortot a eu une grande influence sur l'interprétation pianistique tant en France qu'à l'étranger. Et particulièrement en Union soviétique, où ses concerts, donnés pendant les années 1920 à Moscou et à Saint-Pétersbourg, ont été à l'origine d'une scission dans le monde pianistique local. D'un côté, les progressistes emmenés par Heinrich Neuhaus et Samuil Feinberg se déclarèrent impressionnés par le pianiste français au point de repenser leur technique. De l'autre, les pianistes davantage portés vers l'académisme, tel qu'Alexandre Goldenweiser, critiquèrent le jeu de Cortot pour sa liberté.
Excellent pédagogue, il eut bon nombre d'élèves qui furent d'excellents pianistes, comme Clara Haskil, Dinu Lipatti, Samson François, Setrak, Gina Bachauer, Yvonne Lefébure, Marcelle Meyer, Vlado Perlemuter, Magda Tagliaferro, Reine Gianoli, Jerome Lowenthal, Jean Micault, ou bien encore Marguerite Monnot qui, avant de devenir le compositeur attitré d'Édith Piaf, fut une concertiste talentueuse.
Alfred Cortot a enregistré de nombreux disques, spécialement de Chopin, Schumann et Liszt, dont il était un interprète d'exception. Il a publié le premier enregistrement mondial intégral de la Sonate en si mineur de Liszt, des Kreisleriana de Schumann et du Premier livre des Préludes de Debussy."
Master Class
Extrait de "L'Art du Piano"
Chopin, Ballade N°1
Ravel, Jeux d'eau
Schumann - Davidsbündlertänze op. 6
Ignaz Friedman
"Ignaz Friedman est né Solomon Isaac Freudman le 13 février 1882 à Podgórze près de Cracovie et mort le 26 janvier 1948 à Sydney.
Ignaz Friedman est un enfant prodige né dans une famille où son père et son oncle, musiciens d'orchestre, se produisent au théâtre, effectuant des tournées en Europe de l'est et parfois jusqu'en Turquie et même deux ans aux États-Unis. L'adolescent fait même une tournée avec deux. Six ans avant sa naissance, dans la même ville de Podgórze était né Josef Hofmann, un pianiste prodige.
Les interprétations de Friedman sont caractérisées par une force extraordinaire. Ses capacités techniques, aux dires de Rachmaninoff qui le plaçait au même rang, sont aussi impressionnantes que celles de ses contemporains Rosenthal, Godowsky, Josef Hofmann ou Lhévinne. Il utilise une très large palette dynamique et agogique, sans perdre l'équilibre de la musique.
Il est considéré comme un des élèves les plus doués techniquement parmi tous les virtuoses de Leschetizky. Même Horowitz, affirme qu'il avait une technique supérieure à la sienne.
Outre Chopin, il apprécie notamment Liszt et Beethoven. Son répertoire est vaste : des maîtres du XVIIIe siècle à Debussy, Ravel, Albéniz, Dohnányi, Kodály et Bartók."
« Commencez par acquérir la technique, puis entre-prenez l'étude des compositions classiques... Ayez toutes les possibilités techniques dans votre poche et préservez ainsi la fraîcheur de la compsition, sinon vous la jouerez sans fantaisie.»
Friedman in Central Park
Speaking about Chopin
Bach, Toccata/Fugue in D Minor
Chopin, Ballade N°3
Mendelsohn, Romances sans paroles
Arthur Schnabel

"Né en 1882 à Lipnik, situé à l'époque en Pologne, puis devenue autrichienne avant d'être rattachée à la République tchèque, Artur Schnabel - de son vrai prénom Aaron - se fait rapidement remarquer par ses prédispositions pour la musique et part étudier à Vienne dès l'âge de sept ans la théorie musicale avec Mandyczewski et le piano avec le célèbre Leschetizky. Il fait alors la connaissance de Brahms, qu'il accompagne durant ses promenades dominicales.
En 1900, le jeune pianiste s'installe à Berlin où sa renommée ne va cesser de grandir. Il rencontre la contre-alto Thérèse Behr, sa future épouse, qu'il accompagne notamment dans les lieder de Schubert.
N'étant pas homme de demi-mesure, Artur Schnabel fuit l'Allemagne dès l'arrivée du nazisme au pouvoir en 1933 pour Londres, puis Tremezzo (sur le lac de Côme) et enfin pour les États-Unis, quand la guerre éclate en 1939. Il se tourne alors plus particulièrement vers la composition et l'enseignement.
Artur Schnabel était issu de la lignée pianistique de Beethoven, et ce n'est pas pour rien que, lorsque l'on entend ses enregistrements des sonates du compositeur, on en ressent l'esprit comme dans nulle autre interprétation. En effet, le maître du pianiste, Leschetizky, fut l'élève de Czerny, qui lui même avait été celui de Beethoven.
Ses grands maîtres, Schubert, Schumann, Mozart et Beethoven en tête, Schnabel ne va cesser d'en approfondir l'étude tout au long de sa vie. Son rôle historique s'avère majeur : il est le premier à jouer l'intégralité des 32 sonates pour piano de Beethoven - dont beaucoup étaient alors peu considérées - dans des cycles de concerts, en 1927 et 1933 à Berlin, en 1934 à Londres et en 1936 à New York. De 1932 à 1937, il réalise le premier enregistrement intégral des 32 sonates, référence absolue, l'un des meilleurs - peut être le meilleur - encore aujourd'hui.
Ce qu'il fit pour l'œuvre de Schubert est presque encore plus remarquable. Délaissée par les interprètes, seules en émergeaient quelques séries de danses dont les éditeurs faisaient des potpourris ; et l'important corpus des sonates pour piano, un véritable monument de l'histoire de la musique, était tombé dans l'oubli le plus total. Suivant les conseils de son maître Leschetizky, il les imposa dans ses concerts et parvint ainsi à en faire découvrir l'intérêt au public.
Le jeu d'Artur Schnabel appartenait encore à la période romantique, dans le sens qu'il était un pianiste à risques : la qualité primait chez lui sur la sûreté, et il rejetait le principe d'un jeu qui, pour éviter à tout prix la moindre fausse note, mettait l'âme au second plan. Son toucher était d'une subtilité inouïe et sa palette de nuances semblait infinie. Son utilisation de la pédale, extrêmement dosée, relevait d'une science extraordinaire. Outre ses nombreux enregistrements, les éditions technico-interprétatives réalisées par Schnabel - notamment des Sonates de Beethoven - nous permettent d'analyser toutes les facettes de son jeu pianistique, réunion d'extrêmes, conciliant sagesse et vivacité, rigueur et poésie, d'une universalité seulement égalée par son génie. Grand interprète de musique de chambre, Schnabel sut s'entourer des plus grands de son époque : les violoncellistes Casals, Fournier et Feuermann, ou encore le violoniste Szigeti, avec qui il réalisa des enregistrements historiques."
Bach, Toccata in D Major
Beethoven, Sonate N°23 "Appasionata"
Beethoven, Sonate N°32
Schubert Sonate D959 in A major (II)
Wilhelm Backhaus

"Wilhelm Backhaus (1884-1969) est un pianiste allemand, célèbre notamment pour ses interprétations des œuvres de Beethoven et de Brahms.
"Fils de l'architecte Otto Ferdinand Willibald Backhaus, Wilhelm Backhaus naît à Leipzig le 26 mars 1884. Jusqu'en 1899, il étudie le piano au conservatoire de sa ville avec Aloïs Reckendorf, avant de prendre des leçons privées avec Eugen d’Albert à Francfort-sur-le-Main. À l'âge de onze ans, il rencontre personnellement Johannes Brahms, et à seize ans, il se produit pour la première fois dans une tournée de concerts, en tant qu'accompagnateur d'un chanteur italien. En 1905, il remporte le Prix Anton Rubinstein à Paris — devant Béla Bartók, qui termine deuxième. La même année, il est nommé professeur au Royal College de Manchester, fonction qu'il n'exerce toutefois que jusqu'en 1912.
Tout au long de sa vie, Backhaus a beaucoup voyagé, enchaînant souvent les concerts à un rythme soutenu (ainsi, en 1921, à Buenos Aires, il se produit dix-sept fois en moins de trois semaines). En 1930, il s'installe à Lugano et devient citoyen suisse. Il décède le 5 juillet 1969, à Villach, en Autriche, où il devait donner un concert.
Backhaus est considéré comme l'un des premiers grands pianistes modernes. Son jeu, conciliant la pureté, le dépouillement stylistique et une expressivité intense, est entré dans la légende. En matière d'enregistrements, il laisse pour son époque un legs particulièrement important : on y trouve, entre autres, la première intégrale des études de Chopin — réalisée en 1928 et considérée aujourd'hui encore comme une référence — de nombreuses œuvres de Mozart et une quantité considérable d'œuvres de Beethoven et de Brahms, ses deux compositeurs de prédilection. L'intégrale des sonates de Beethoven qu'il a réalisée pour Decca reste également l'une des plus fameuses versions jamais enregistrées."
Bach, Clavier bien tempéré
Beethoven, Sonate N°23
Brahms, Rhapsodie Op.79, N°1
Brahms, Concerto pour piano N°1
Edwin Fischer

"Edwin Fischer est un célèbre pianiste suisse, né le 6 octobre 1886 à Bâle et décédé le 24 janvier 1960 à Zurich.
Il est considéré comme un des pianistes les plus remarquables du vingtième siècle, en particulier dans le répertoire de compositeurs allemands tels que Johann Sebastian Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven et Franz Schubert. Il est aussi considéré comme un des meilleurs professeurs de piano des temps modernes.
Fischer naquit à Bâle et y commença ses études musicales, il les poursuivit à Berlin au Conservatoire Stern sous la direction de Martin Krause (1853-1918), lui-même élève de Liszt (1811-1886), lui-même élève de Carl Czerny (1791-1857). Il devint connu d'abord comme pianiste après la première guerre mondiale. En 1926 il devint chef du Musikverein de Lübeck et plus tard il dirigea à Munich. En 1932 il forma son propre orchestre de chambre et il fut l'un des premiers à s'intéresser à présenter la musique baroque dans une vision historique. Quoique ses exécutions n'aient pas été vraiment à caractère historique en comparaison de ce qui se fait maintenant, il dirigea les concertos du clavier comme le souhaitaient Bach et Wolfgang Amadeus Mozart, ce qui n'était pas habituel en ce temps-là. Ses interprétations, même de Bach, étaient romantiques, mais toujours prenantes.
En 1932 il retourna encore à Berlin, succédant à Artur Schnabel comme professeur à la Hochschule für Musik. En 1942 il retourna en Suisse, interrompant provisoirement sa carrière pendant la deuxième guerre mondiale. Après la guerre, il recommença à jouer en public, tout en donnant des masterclasses à Lucerne, qui furent suivies par de nombreux pianistes qui devinrent célèbres comme Alfred Brendel et Daniel Barenboim. Harry Datyner (1923-1992) est un de ses élèves, tout comme Paul Badura-Skoda (né en 1927), et Reine Gianoli.
L'intégrale du Clavier bien tempéré, enregistrée entre 1933 et 1936, fit date dans la discographie de Bach, en tant que premier enregistrement complet. L'enregistrement de Fischer est admiré en partie parce qu'il n'utilise pas les ressources de l'instrument moderne pour embellir artificiellement la partition. Son enregistrement des 48 préludes et fugues de Bach demeure le modèle auquel tous les pianistes se mesurent."
Bach, Prelude et Fugue N°2
Brahms, Concerto pour piano N°2
Beethoven, Sonate N°14 "Moonlight"
Haendel, Chaconne in G Majeur
Artur Rubinstein

Arthur (Artur) Rubinstein (né le 28 janvier 1887 à Łódź, Pologne - mort le 20 décembre 1982 à Genève) est un pianiste polonais.
Né dans une famille juive de Łódź, Arthur Rubinstein n'a aucun lien de parenté avec le célèbre pianiste et compositeur russe Anton Rubinstein (1829-1894).
Il donne son premier concert dans sa ville natale en 1894 et, dès 1898, le violoniste Joseph Joachim le prend sous sa protection et l’envoie étudier à la Hochschule für Musik de Berlin. Il entame sa carrière dans la capitale allemande et commence très vite à jouer dans d’autres pays, notamment en Pologne. Pendant son adolescence, il ne va pas au lycée, mais son précepteur lui donne une culture si solide que, dès ses quatorze ans, il lit les littératures polonaise, russe, française, anglaise et allemande dans le texte.
Mais il faut attendre les années 1930 pour que le pianiste jouisse vraiment d’une renommée internationale. En effet, jusqu’à cette date, les grands pianistes tels que Sergueï Rachmaninov ou Josef Hofmann font de l’ombre à Rubinstein, et plus globalement à tous les autres pianistes. Mais les années 1930 marquent la fin de carrière de ces deux géants, et laissent la place aux « jeunes ». Or, la plupart sont peu intéressants et percutent le piano. Rubinstein, avec son tempérament romantique, trouve alors sa place : à la fois successeur des grands pianistes post-romantiques et représentant d’une nouvelle génération.
Durant la Seconde Guerre, il s’installe aux États-Unis et devient citoyen américain à part entière en 1946. En 1954, il se réinstalle à Paris, avenue Foch, dans la maison qu'il détenait avant guerre (et qui avait été réquisitionnée par la gestapo), une ville dont il restera amoureux (déclaration de l'artiste dans le documentaire intitulé "Arthur Rubinstein" de Marie-Claire Margossian, diffusé le 25 octobre 2010 sur Arte). Sa fille Eva y vit toujours.
Rubinstein est l'interprète inoubliable des Romantiques, promenant sur le clavier la grâce naturelle de son talent là où d'autres émergeaient à force de travail opiniâtre. Il contribue de façon majeure à faire sortir les œuvres de Frédéric Chopin de certaines dérives maniéristes exercées par plusieurs générations d'interprétations malheureuses. Il propage par le disque, nouvellement apparu, une interprétation lyrique et sans fards qui tâcha de souligner, selon ses mots, « la magnifique qualité d'esprit viril qui se cachait en Chopin ».
En effet, s’il garde l’esprit romantique, Rubinstein épure son style, et enlève tout le maniérisme qui peut émaner du jeu des pianistes comme Paderewski. Il garde les meilleurs éléments du courant romantique, mais en rejette les excès. Il est cependant parfois critiqué pour son jeu trop brillant et pas assez intérieur.
De Falla, "Fire Dance"
Chopin, Polonaise "Héroique"
Chopin, Valse Op.64 N°2
Chopin, Ballade N°1
Master Class (Chopin, Ballade N°1)
Heinrich Neuhaus

Heinrich Goustavovitch Neuhaus est un pianiste soviétique d'origine allemande, né à Ielissavetgrad (actuellement Kirovograd, Ukraine) le 12 avril 1888 et mort à Moscou le 10 octobre 1964.
Neveu de Felix Blumenfeld et cousin de Karol Szymanowski, Neuhaus débute à Dortmund en 1904. Il fait ses études avec Aleksandr Michałowski à Varsovie, puis avec Karl Heinrich Barth et Leopold Godowsky à Berlin. C'est avec Godowsky que Neuhaus continue ses études à Vienne au Klaviermeisterschule du conservatoire. En 1913, Neuhaus revient en Russie, où il termine le Conservatoire de Petrograd en 1915. Il enseigne ensuite quelque temps à Tbilissi, de 1919 à 1922 au Conservatoire de Kiev puis finalement au Conservatoire de Moscou. Il y devient professeur de piano et occupe ce poste jusqu'à sa mort. De 1935 à 1937, il est également directeur du conservatoire.
Neuhaus est l'un des plus grands professeurs de piano de son temps. Il a formé de nombreux pianistes qui sont devenus des virtuoses réputés : Sviatoslav Richter, Emil Guilels, Iakov Zak, Elisso Virssaladze, Gérard Frémy, Bronislav Stayevski, Oleg Boshniakovich et beaucoup d'autres. Certains de ses élèves sont les actuels professeurs du conservatoire et de l'Institut Gnessine. Neuhaus est aussi connu comme un interprète remarquable, mais ses enregistrements sont assez rares. Homme d'une grande culture, il appréciait beaucoup la peinture et la littérature. Un de ses amis fut Boris Pasternak.
Neuhaus a écrit quelques livres sur l'art de jouer du piano et d'enseigner l'instrument. Les difficultés de l'instrument se résolvent en se basant sur la musique elle-même.
"Avec Heinrich Neuhaus, la Russie compte un autre père du piano moderne. Il est né en 1888, soit 13 ans après Golden Weiser et a eu lui aussi plus d’une centaine d’élèves. Comme Anton Rubinstein, il possède les avantages d’une éducation multi-culturelle issue de la "mitteleuropa" musicale. Plus qu’un professeur, Neuhaus est une personnalité qui rayonne par ses qualités humaines et sa culture qui embrasse tous les arts, de la poésie à l’architecture et de la peinture à l’art dramatique. A l’image de l’école russe, il reprend à son compte tout ce qui s’est fait de mieux dans l’art du piano : la fidélité au texte et le polissage du son de Godowsky, la position naturelle des doigts et l’abord physiologique du clavier préconisé par Chopin, sans parler de la rigueur allemande issue de Barth ou de Von Bülow.
Bien que protéiforme, l’école russe qui a engendré autant d’excellents pianistes se reconnaît à son tempérament. Entre le pâteux germanique et la sécheresse française, le toucher des pianistes russes apparaît comme étant le plus équilibré. Il habite le son avec un grand sens de l’improvisation et une liberté qui appartient aux seuls Slaves."
Bach, Prelude & Fugue in G Moll
Scriabin, Fantaisie in B Minor
Beethoven, Sonate N°14 "Moonlight"
Chopin, Concerto pour piano N°1
Yves Nat

"Yves Nat, né à Béziers le 29 décembre 1890 et mort à Paris le 31 août 1956, était un pianiste français.
Enfant prodige de Béziers, il étudie dans la classe de Louis Diémer au Conservatoire de Paris. Il obtient un premier prix de piano en 1907.
Sa présence sonore subjugue le public et l'entraîne malgré lui dans le tourbillon d'une carrière de concertiste, parrainée par le grand violoniste Eugène Ysaÿe.
Son répertoire se consacrait essentiellement à la Musique Romantique : Schubert, Schumann, Brahms. A partir de 1935 il est nommé professeur au Conservatoire de Paris, et interrompt sa carrière pour se consacrer à l'enseignement (il eut notamment comme élèves Jean Martin, Jörg Demus, Geneviève Joy, Gérard Frémy, Lucette Descaves, Jean-Bernard Pommier, Jacqueline Eymar et Pierre Sancan).
Dans les années 1950, il enregistra l'intégrale des 32 sonates de piano de Beethoven, et quasiment tout Schumann, pour lequel il avait une prédilection. Ses enregistrements offrent "une sonorité pleine de tendresse, un sens des contrastes, une délicatesse qui se mèlent à un jeu empli de clairs-obscurs évocateurs. Le brillant et le superficiel sont bannis de son esthétique"[1].
Après un premier mariage malheureux, il épousa en secondes noces une de ses élèves, Elise Vuillaume.
Il est enterré au Cimetière de Passy."
Master Class
Brahms, Intermezzo N°3
Brahms, Intermezzo Op.117 N°2
Schumann, Kinderszenen op.15 N°2
Schubert, Moments musicaux, Op.780 N°2
Mieczyslaw Horszowski

"Mieczysław Horszowski, né le 23 juin 1892 à Lemberg (l'actuelle Lviv en Ukraine), alors en territoire autrichien, et mort le 22 mai 1993 à Philadelphie (Pennsylvanie), est un pianiste polonais, naturalisé américain en 1948.
Il reçoit ses premières leçons de piano de sa mère, une élève de Charles Mikuli (lui-même un ancien élève de Chopin). À l'âge de sept ans, il étudie avec Teodor Leszetycki à Vienne; Leszetycki avait eu pour professeur le fameux pédagogue et ancien élève de Beethoven, Carl Czerny. En 1901, il donne son premier concert public à Varsovie en interprétant la Sonate pour piano nº 1 de Beethoven puis débute une carrière d'enfant prodige en Europe et en Amérique du Sud. En 1905, le jeune Horszowski joue pour Fauré et rencontre Saint-Saëns à Nice. Il a quatorze ans, en cette année 1906, lorsqu'il fait ses débuts au Carnegie Hall à New York puis à Londres. Les rencontres heureuses se multiplient avec celle du chef d'orchestre Arturo Toscanini à Montevideo et surtout du violoncelliste Pablo Casals à Milan où il donne un récital ; les deux musiciens deviendront des amis intimes et des associés privilégiés. En 1911, Horszowski décide de se retirer du circuit pianistique pour se consacrer à l'étude de la littérature, de la philosophie et de l'histoire de l'art à Paris.
Horszowski continue de jouer jusqu'à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, avec derrière lui une carrière qui aura duré quatre-vingt-dix ans, certainement la plus longue dans les annales du piano. Après un dernier concert à Philadelphie, le 31 octobre 1991, il meurt dans cette ville, le 22 mai 1993 à l'âge de cent ans."
"Certains esprits badins s’arrêteront sur les quelques notes tapées à côté par-ci, par-là ; que ceux-là passent leur chemin et s’achètent un synthétiseur : Horszowski est en concert, sur des pianos qui ne sont pas nécessairement les meilleurs au monde, mais il nous livre une véritable leçon de musique et de maintien. Son Bach (enregistrement unique de ce concerto, vous n'en trouverez pas d'autre !), d'une rythmique impeccable, joué dans un style net et sobre "à l'allemande" et pourtant si expressif, est exemplaire, ses Schubert sont dénués du moindre excès expressif – cette musique n’a vraiment besoin de presque rien pour exister –, son Mozart aérien et quasi angélique…"
Haydn, Sonate N°43
Beethoven, Sonate N°32 in C minor
Chopin, Berceuse
Chopin, Nocturne Op.9 N°2
Walter Gieseking
Walter Gieseking (né le 5 novembre 1895 à Lyon et mort le 26 octobre 1956 à Londres) est un pianiste et compositeur franco-allemand.
En suivant son père médecin, Gieseking vit toute son enfance dans le Sud de la France, puis en Italie. Durant ce temps, il étudie le piano en autodidacte. En 1911, il déménage pour l’Allemagne, patrie de son père, et suit des cours au Conservatoire de Hanovre avec Karl Leimer, qu’il va vénérer toute sa vie[réf. nécessaire].
En 1912, Gieseking fait ses débuts dans cette même ville, et donne en 1915 l’intégrale des sonates de Beethoven. Cependant, au milieu de la Grande Guerre, Gieseking est appelé dans les rangs de l’armée allemande. Il arrive à fuir les combats en jouant dans l’orchestre du régiment[réf. nécessaire]. Après la guerre, il reprend sa carrière, et défend âprement les compositeurs français tels que Debussy et Ravel, qu’il joue beaucoup en concert. Il se fait aussi plus largement l’avocat de la musique de son temps, incarnée par Schönberg, Busoni, Hindemith, Szymanowski, mais aussi Pfitzner, dont il crée le Concerto pour piano en 1923.
Dans les années 1930, le pianiste continue ses tournées autour du monde, notamment en Europe et en Amérique. Mais 1939 marque l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Alors que Gieseking se trouve en Amérique, il décide de rentrer en Allemagne, et d’y jouer malgré la dictature. Il lui arrive même de donner des concerts dans la France occupée. Cette attitude lui vaut de nombreuses critiques à l'issue du conflit. Il est accusé d’avoir collaboré avec les nazis, et l’opinion publique le critique. En 1949, il est même contraint d’annuler un concert aux États-Unis à cause de manifestations de protestation devant le Carnegie Hall. Et même si un tribunal des Forces Alliées le disculpe, il n’est pas le bienvenu en Amérique jusqu’à son retour en 1953. Malgré un sévère accident de bus en 1955, dans lequel sa femme trouve la mort, il repart en tournée en Amérique. De retour à Londres, où il enregistre la Sonate n° 15 de Beethoven, il décède avant d’enregistrer le quatrième mouvement.
[b]Debussy, Suite Bergmasque N°3 "Clair de lune"
Ravel, Jeux d'eau
Rachmaninov, Concerto pour piano N°2
Wilhelm Kempff

"Wilhelm Kempff (* 25 novembre 1895 - † 23 mai 1991) nait à Jüterbog (Allemagne) et étudie à Berlin et Potsdam. Il fait de nombreuses tournées en Europe continentale et dans une grande partie du reste du monde, mais ne fait sa première apparition à Londres qu'en 1951, et ne joue pas à New York avant 1964. Il donne son dernier concert public à Paris en 1981 et meurt à Positano (Italie) âgé de 95 ans.
Considéré comme l'un des plus grands pianistes du XXe siècle[réf. nécessaire], Kempff est acclamé aujourd'hui pour ses enregistrements de Schumann, Brahms, Schubert, Mozart, Bach, Liszt, Chopin et surtout de Ludwig van Beethoven[réf. nécessaire](On peut comparer les enregistrements d'une même sonate à différents moments de sa vie). Il a enregistré sur une période de soixante ans. Kempff fut l'un des premiers à enregistrer l'intégralité des sonates de Franz Schubert bien avant que ces œuvres ne deviennent populaires[réf. nécessaire]. Il fit aussi deux enregistrements de référence de l'intégralité des sonates de Beethoven, l'un en mono et l'autre en stéréo.
Kempff a aussi joué de la musique de chambre avec Yehudi Menuhin et Pierre Fournier entre autres. Les enregistrements avec Menuhin de l'intégralité des sonates pour violon et piano de Beethoven sont particulièrement fameux."
Mozart, Concerto pour piano N°24
Beethoven, Sonate N°14 "Moonlight"
Beethoven, Sonate N°17 "Tempest"
Schubert, Sonate D959
Marcelle Meyer

"Marcelle Meyer est une pianiste classique française, née à Lille le 22 mai 1897, morte le 17 novembre 1958. Elle a mis son talent au service de la musique française de l'entre-deux-guerres, notamment du Groupe des Six (Francis Poulenc, Darius Milhaud, Georges Auric), et d'Erik Satie et ses amis d'Arcueil : Henri Sauguet, Roger Désormière. Elle comptait parmi ses amis les plus proches Maurice Ravel, Igor Stravinski et Jean Cocteau. Jacques-Émile Blanche l'a peinte en 1922 en compagnie du Groupe des Six et de Cocteau.
En 1917, elle épouse le comédien Pierre Bertin, qui fréquente aussi bien les cercles contemporains de la musique que ceux du théâtre. Il présente la pièce d'Erik Satie Piège de Méduse. Bertin introduit sa jeune épouse auprès de Satie, dont, à 20 ans, elle devient l'interprète préférée.
Peu avant le décès de Debussy, elle travaille avec lui sur ses Préludes, qu'elle créera salle Gaveau, lors du premier récital entièrement dédié au compositeur."
Scarlatti, Sonate KK 380
Mozart, Sonate N°8, K310
Ravel, Sonatine II Menuet
Debussy, Image I "Reflets dans l'eau"
Maria Yudina

"Largement inconnue en occident, la pianiste russe Maria Yudina (1899-1970) a vécu toute sa carrière en Union Soviétique.
Elle y demeura captive par la volonté de Joseph Staline puis de ses successeurs. On a voulu voir en ce geôlier un admirateur et même le présenter comme un protecteur. Le dictateur aurait en effet découvert son génie, en 1943, et pleuré de chaudes larmes à l'écoute du concerto 23 de Mozart. On aurait, 10 ans plus tard retrouvé sur la table de chevet du tyran défunt le disque enregistré et gravé sur son ordre la nuit même de cette émotion musicale légendaire.
Un tel récit, à supposer qu'il contienne une parcelle de vérité, occulte les conditions véritables de l'existence de cette artiste de génie. Signalons par exemple que ses interprétations de Bach ou de Beethoven n'ont été recueillies que clandestinement. Ses enseignements aux conservatoires successifs de Saint-Pétersbourg devenu Leningrad, de Tiflis ou de Moscou lui furent retirés à plusieurs reprises en raison de ses convictions religieuses.
Convertie à la foi orthodoxe et marquant nettement son dégoût pour le régime athée persécuteur, on considérait comme une excentricité vestimentaire la croix, emblème ostensible qu'elle arborait bien en évidence. Plus tard on notera ses chaussures de sport, qu'elle portait en concert.
S'agissant d'une musicienne comme Yudina on pourrait observer d'ailleurs que la part de génie de ses interprétations, effectivement bouleversantes, de la musique dite baroque, classique ou romantique, tient à un caractère résolument moderne qu'elle revendiquait clairement pour sa part. Elle n'a jamais caché son désir de promouvoir la création de son temps. Moins connues mais bien réelles, ses interprétations des compositeurs du XXe siècle, mériteront elles aussi, d'être découvertes."
Bach, Variations Goldberg
Beethoven, Sonate N°14 "Moonlight"
Beethoven, Sonate N°32
























